Première Lettre


Chers explorateurs perdus en Océans

Chers Vagabonds en quête d'ailleurs

Bienvenue en nouvelles escales, où se perdent quelques contes dans les mers d'outres-mondes. Pourquoi courir après le temps, lorsque les projets, de ces nouveaux pays, se lanternent en chemin, patientent, attendant inspiration. Sans doute, découvrirez-vous de tendres visages, de petits grands périples en suivant les murmures des goélands ?

Je ne promets guère que vous resterez longtemps, simplement de faire de mon mieux pour attendrir vos rêves tant que vous resterez en ces terres... pour que je puisse ne serait-ce qu'un quart d'heure aider le Marchand de Sable


Première Nouvelle de Février


Chers explorateurs perdus en Océans

Chers Vagabonds en quête d'ailleurs

Voici les premières nouvelles du mois de Février :

  • J'ai repris les illustrations pour "Au-Dessus des Nuages", qui malheureusement ne sortira qu'en Mars.

  • Les deux chapitres de "Leïla" sortiront en audio sur la chaîne YouTube.

  • Pour l'instant que sur "Petite Pirate", vous pourrez découvrir l'évolution des illustrations.

Autres nouvelles

  • Le site refera progressivement peau neuve !

  • L'onglet "Fond d’Écran" a fusionnée avec la "Médiathèque"

  • Les photos du marais ont été supprimée

  • Ouverture d'un "Ko-fi", qui remplace l'ancienne boutique



Bonne Année !!!


Chers explorateurs de Nulle Part

Chers Vagabonds en quête d'ailleurs

Pour la nouvelle année, je tenais à vous informer de la direction que va prendre le projet "Edelweiss"

  • "Au Dessus des Nuages" devrait sortir avant la fin Février

  • Une nouvelle édition de "Petite Pirate" sortira normalement à la date anniversaire

  • Reprise des versions audios, avec une parution en Avril

  • Une quatrième conte sera bientôt disponible

D'autres choses sont également prévu, tournant toujours autour du projet ! Notamment :

  • La Création d'un Discord autour d'Edelweiss

  • La Mise en place de séances d'introduction au JDR

  • Plus grande mise en avant sur les réseaux


Austral & Leïla


Chers explorateurs perdus en Océans

Chers Vagabonds en quête d'ailleurs

J'apporte quelques grandes nouvelles proche du milieu d'année :

  • La Version papier des "Terres de l'Austral" arrivera vers le 11 Juin.

  • Un nouveau conte "Leïla" révèlera bien son premier chapitre.

  • Les Illustrations de "Petite Pirate" feront progressivement peau neuve.

  • Des thèmes pour les personnages viendront prendre leur plage dans la médiathèque au fur et à mesure

Je vous invite à découvrir tous ça, avec les liens ci-dessous



Pour Décembre


Chers explorateurs de Nulle Part

Chers Vagabonds en quête d'ailleurs

En Octobre, comme en Novembre, j'ai terminé d'écrire un deuxième conte que j'ai appelé : Les Terres de l'Austral

Cette histoire raconte l'expédition d'Edeline, une aventurière en devenir, rêvant de marquer l'histoire en conquérant le Sud Souverain.

Un chapitre sortira chaque trois jours, en version écrite et en version audio



Point d'Octobre


Chers explorateurs perdus en Océans

Chers Vagabonds en quête d'ailleurs

Que s'est-il passé durant le mois d'octobre ?.

Durant le mois d'octobre, j'ai travaillé sur plusieurs projet à savoir :

  • Les premiers jours de "La Pluie du Désert".

  • La création d'une nouvelle animation sur "Petite Pirate"

  • L'ajout d'une petite Vidéothèque pour le site.

  • Un nouveau grand projet nommé "L'Envol"

Je vous invite à découvrir tous ça, avec les liens ci-dessous



Petite Reprise


Chers explorateurs de Nulle Part

Chers Vagabonds en quête d'ailleurs

Après quelques temps d'hibernations, il fallait surement que je me réveille de nouveau... accompagné d'autres envies

Mon travail d'animateur me divertit comme je l'avais toujours souhaité... m'arrachant des morceaux de temps pour mes autres projets.

Alors en rappel, voici ce qui ce trame encore :

  • La version audio de "Petite Pirate"

  • De nouveaux chapitres pour "Au Dessus des Nuages"

  • Des Petits Autocollants

  • Une future version anglaise pour la "Petite Pirate"

  • Reprise dans l'année du projet court métrage d'Animation


Projet Animation


Chers explorateurs perdus en Océans

Chers Vagabonds en quête d'ailleurs

Je suis en train de commencer les charadesign des personnages de "Petite Pirate", pour un futur court métrage.

J'espère pouvoir commencer l'animation durant l'année, en espérant que cela vous plaise.



Décembre comme avenir


Chers explorateurs perdus en Océans

Chers Vagabonds en quête d'ailleurs

Le 16 Décembre s'est déroulée la première séance de dédicace pour "Petite Pirate", un conte que vous pouvez retrouver gratuitement sur le site.

Ce fut une des meilleurs journée de ma vie. Une journée qui se reproduira encore et encore, vue que j'essayerai de refaire d'autres séances de dédicace à l'avenir.

Les rencontres qui j'ai pu faire resterons gravé à jamais.

Merci pour tout


Nouvelle Section - Imageries


Chers explorateurs perdus en Océans

Chers Vagabonds en quête d'ailleurs

Récemment, en modifiant ma palette de ma tablette, j'ai repris mon crayon pour remplir une feuille A4.

Huit petits dessins en vrac ont donc vu le jour :

  • Deux sur la Guère Héroïne

  • Quatre sur la Petite Pirate

  • Deux sur le Chasseur, un projet de bande dessinée que j'aimerai reprendre.



La Petite Pirate


Une fois, lorsqu’un edelweiss fleurit, une jeune pirate chavira sous le calme des Océans. Sans attendre moindre aventure, elle s’empara de rames, franchit chaque berge, dépassa son premier large, sans poser hier à son regard […] Seule se fallut une journée, pour choisir ses mille destinations.

Chaque vague lui murmurait d’aller un brin plus loin… un brin plus loin… sans vraiment en attendre l’aube. Nomma-t-elle ainsi toutes les étoiles qu’elle rencontra... lui soufflèrent-elles de naviguer un mile plus loin ! Quelques nœuds au-delà, pour en voir la pleine lune disparaître. Réapparut-elle quelque douze fois, temps que sa vieille terre ne dévoile chacune de ses contrées.

Elle en courtisa de bravoure le moindre détroit, qu’importait les hurlements des vents. Elle en piocha chaque iceberg, lui importait les brûlures des grands froids. Elle en profita de chaque dérive, se plaisant de ce qu’elle ne connaissait point… s’apaisant de ces heures ensevelies !

Lassée par un autre sablier, entre deux promenades, dessina-t-elle un vieux goéland… qu’elle poursuivit de ses yeux scintillants. Dérivant dans les brouillards, entourée de mille plumes, sa barque amarra jeunes fortunes, s’arrimant alors au sommet des sommets.

Dépassant ces nuages traversant sa taille, ils lanternaient vers ces mêmes ailleurs. Ils s’envolaient là-bas, où son cœur la questionnait de poursuivre son chemin. Voiles mugissantes, foi hésitante, la pirate largua ses amarres vers ce qu’elle connaissait pourtant.

Observant les oiseaux, ignorant les tempêtes, elle pourfendit ses fatigues comme les larges. Assaillant les marées, elle négligea ces nuages bâillant sous ses paupières endormies.

Elles s’alourdissaient pour tout le monde […]


Ennuyée du calme des Océans, la jeune pirate maintenait ses paupières grandes ouvertes. Patientant en quête d’aventure, elle laissa ses rames devenir écumes, oublia les vastes pour souhaiter dériver où ses yeux espéraient […] Charmée par la paresse, les mains caressant les vagues, elle rêvassait d’un présage aux notes de daurades.

Quelques-unes arpentaient ses songes, berçaient son unique veste émeraude, paraissant dans leurs écailles comme une bouteille au lumineux équipage. Surveillant à peine leurs sillages, estompant les pâleurs de minuit, ils arrimèrent à la proue d’une jeune barque, réveillèrent tout en susurrement une pauvre âme trouvant guère les portes du sommeil.

Baillant ses étirements, titubant ses mirages, elle la remarqua sans moindre effort, s’en empara sans hésitation… Son premier trésor, une trouvaille étrange, dans laquelle s’embrumait un curieux portrait. Elle le reconnaissait en trompant certains détails… sans seulement se ressembler !

Une petite cabèche rousse aux yeux vert pomme… Une petite cabèche haute comme trois pommes, qui se demandait quels autres secrets, les vagues pouvaient bien lui confier […] Sans en attendre l’aube, ainsi empoigna-t-elle de nouveau les horizons, ainsi sombra-t-elle aux murmures des vents d’ouest, ainsi s’imaginant ses futures premières rencontres.

Elle songeait quant à leurs périples... souvent leurs histoires... parfois leurs nombreuses apparences… Quelques brûlés parchemins leur accordèrent une douce voix parfumée aux plumes de goélands. Quelques voix de crèmes… Des mélodies s’échappant d’une constellation aux deux visages, dont les pâleurs pourfendirent leurs paradis lactés.

Filant au-travers quelques éclats ennuagés, ces constellations somnolaient les traits d’une sirène aux cheveux crépusculaires. Filant au-travers quelques souhaits, ces constellations harponnaient les traits d’un fatigué baleinier […] Curieuse de ces présages, elle s’emmenait vers ces lueurs attendrissant les rivages… se laissait aux chimères chuchotant qu’aux lointains se ternissaient quelques étoffes soudaines.


Intriquée d’une fortune, dans une routine lassante, la jeune pirate corrigea ses chemins vers ces vêtements voguant au loin. Une barque venait de traverser l’horizon, de mordiller les bordures du monde, sous les ivres chants des grands goélands […] Aux ombres des mouettes, le brouillard s’amenait sous la bonne surprise d’une voix cœur aux aguets !

Des marmonnements, quelques mots allant en vent, des craintes concernant les lointains du par-delà. Attendaient-ils quelque chose, un moment… un moment perdu entre les secondes… permettant à une timide voix les interroger sur leurs périlleux voyages.

Répondirent-ils que leurs périples se termineront, dès que leurs paupières se fermeront… que leurs périples s’oublieront, dès que leurs yeux comprendront ce qu’un capitaine leur eut confié aux levées des sobres nuitées. S’enivrant de derniers verres, traversas-tu le brouillard… l’eusses-tu rencontré, alors qu’ils terminèrent une gorgée… le rencontreras-tu… Comprendras-tu les mots de sa paresse ?

Simples questions… Simples questions…

Raconte-nous chacun de tes voyages… Pourquoi dérivas-tu en océan ? Sûrement, les pétales d’un edelweiss… Sûrement, les bourgeons d’une ancolie… Des tendres mélancolies te contèrent, sans vraiment de foi, les vagues de l’ailleurs disparaissant... Crois-nous… Au-delà des moindres écueils, ces rivages, nous les arpentâmes ! Murmurèrent-ils que Néryme naufragea un brin plus loin… encore un brin plus loin… toujours un miles devant nous !

Petite galileo… Petite galilei…

Les berges… comme les chantiers navals… fussent-elles abandonnées, dès que les premières lanternes accompagnèrent les premiers explorateurs. Ils découvrirent jusqu’aux orages… nous oublièrent jusqu’aux brouillards. Longue-vue entre les mains, embrouillés dans nos abords, nous naviguâmes pourtant loin devant-eux ! Loin derrière-eux nous nous assaillîmes d’une terrible question… quand nos raisons s’envoleront, derrière les embruns, faneront-elles ?


Soucieuse d’ancolies, la jeune pirate négligea son edelweiss, laissant ainsi une longue-vue tendre l’oreille vers ces ailleurs qu’elle ne connaissait guère. Elle se songeait le visage de ce capitaine. Elle se songeait ces mots enfermés dans ce secret confié… ceux emprisonnés dans cette bouteille aux reflets, tanguant entre les assises de sa vieille embarcation.

Une pauvre scellée, qu’elle révéla aux yeux de la brume […] Qui la prenant entre ses mains gelées, chuchota ce qu’elle reconnut sans nulles failles.

Une divine écriture d’écumes, où dans les boucles se noyaient les pâles reflets des montagneuses vagues. Ses paroles transparaissaient sans once de fourberies… Sans once de tromperies, au-travers leurs malicieuses lignes peignant moindre de leurs rencontres. Abandonné aux ratures, entre deux paragraphes, décria-t-il quelques aventures d’une familière cabèche le poursuivant… sans se soucier des voies décrites des goélands.

Toujours se méfier de ces oiseaux !

Insensibles aux basses lagunes ! Insensibles aux explorateurs rêvassant des hautes-terres… Les deux s’écoulaient à vagabonder sans profiter de l'ailleurs !

Elle saluait aucune des berges… Aucune des berges salua ses périples… Une oisillonne aux grandes ailes, inspirant oiseau de paradis. Une oisillonne aux grandes ailes, espérant apercevoir ce que ses yeux eussent songé dès que son cœur eut chaviré.

Chancelant cœur à la brume, écroulée de ses errances, elle se dissipa vieille âme vagabonde. Ses yeux, perles perdues, bataillaient leurs mots, les cherchaient d’une triste voix, ensevelie dans les nœuds parcourant une longue barbe embrumée dans leurs mirages. Expirant ses embruns, s’en désolait-il de ne savoir davantage en lire. Soufflant d’une éclaircie, s’en navrait-il de ne pouvoir davantage indiquer ces autres parts derrière les sillages de sa barbe.

Embrassant de nouveaux les larges, disparut-il des mugissements des voiles, amenant d’un triste adieu, une jeune lanterne, parfumant les cieux de soudaines nuées cuivrées.


Les brouillards dispersés par les rames, sous les assauts des hautes vagues, la jeune pirate observa ses alentours, faisant toutes voiles derrière ces grandes nues cuivrées. Succombant aux nouvelles lumières, s’imaginait-elle rejoindre ce capitaine derrière les champs brumeux de minuit. Naviguant au-travers quelques roseaux, esquivant de peine ces nuitées aux pluies battantes, sombrait-elle davantage aux portes inertes des songes.

Rêvassant contre l’armure, se laissant aborder des prochaines houles […] Des froides brises éruptèrent contre les voiles, s’amarrèrent aux grandes ailes d’un oiseau de paradis…

Chaque rivage se parcourait dans son plumage ! Le grand astral y peignait ces glaces, comme l’austral soufflait ses mistrals. Ne se trouvait aucune plume ne montrant le parcours du Soleil… ne dessinant les passages lunaires… n’illustrant le moindre souvenir enfoui dans une vieillissante mémoire… Quelques voyages disparus, quelques plages soudaines, entre deux plumes esquissant un endormi baleinier, menaçant d’harponner les nuages de grisailles des prochains présages.

Longeant les houles, un silence vira de bord ! Chavirant à tribord, l’oiseau voltigea en acérant ses griffes de cannelle. Emportait-il les lumières un brin plus haut, sa lanterne un brin plus loin. Traversait-il les embruns, ces réveils aux aurores, parmi les bâillements des chantiers navals. Les heures s’éblouissaient jusqu’aux lignes d’horizons, s’écoulèrent après le moindre battement d’ailes, dès que les grues se découvraient à accompagner l’oisillonne aux plumes de paradis.

Combien de ses manières recouvraient désormais les grandes étendues ?

Elles s’envolaient aux profondeurs, lorsque la barque hésitait ses chemins. Elles s’envolaient, lorsque s’encrait l’écume dans les abîmes cuivrés. Le brouillard en mourait, s’embrouillait des nouvelles créatures s’inventant en s’éteignant, aux passages des baleines dévorant les arpentés.

Fussent-elles les seuls défilements des alentours : une pauvre pirate suivant un oiseau chanteur aux enchanteresses mélodies. Elles animaient toutes créatures se mouvant autour de lui ! Continuant leurs périlleux chemins, ils sillonnaient vers ce capitaine… vers ces constellations harponnant les lourds sommeils.


Poursuivant ses envols, un oiseau de paradis emporta en bagage une jeune pirate curieuse d’une éteinte lanterne. Brillait-elle seulement pour elle, au détriment de lustres lunaires virant aux solaires, sans étincelles, pour illuminer ses tristes abords […] Ce capitaine, voyait-il seulement presque autant qu’elle… autant que le puisse Néryme ? Il disparaissait toujours un brin plus loin… ne serait-ce un rien plus proche…

Ces nuages traversés, il l’apercevait parfois avancer lorsque les vagues retombées. Surement la pirate le suivait-elle encore ? Quelquefois, elle se glissait dans les partitions des baleines. Espérons qu’elle sut s’engouffrer, lorsqu’elles dévoraient les lumières, des nœuds au-dessus de sa petite cabèche.

Parvenait-elle seulement à tendre l’oreille, au-travers ces labyrinthes endormis, réveillées par des longues lignes internes, attrapant nombres de daurades.

Embrumé aux caresses des écumes, zigzaguant de bâbord à tribord, en esquissant certaines trouvailles… des pauvres amas d’écumes abandonnées… L’oiseau se répétait, ainsi perdu dans ces assourdissants présages, que l’embarcation n’aurait quitté les berges, comme elle ne s’était révélée ailleurs comparés aux nombreux hiers […] Elle s’emprisonnait dans les ombres de ces immenses caravelles, dont les veines effrayaient les malheurs... Deux minuscules chaloupes, pourtant guère plus grandes qu’une infime troisième.

Siégeant au milieu du large, observée depuis la longue-vue d’une bouteille, la jeune forbanne se prépara à arrimer, encourager par son estomac affamé, qui devinait ces douces daurades, dont les saveurs manquèrent tant. […] Les berges ne paraissaient lointaines ! Quelques mètres à peine ! Quelques poignées de courage à battre, sous les grondements affolant les foules du peuplé horizon.

Il pleuvinait… pleuvait les cordes du grand monde ! Suivant une triste constellation, les déferlantes alizées se noyaient dans les voiles. La tête froide, mains arrimées au gouvernail, ses yeux pomme s’apaisaient d’entendre arriver une violente tempête… ce rideau pluvieux endormant les derniers rayons de l’aube.

Bottines trempées jusqu’aux chevilles, agrippée aux cordages, pour les goélands, paraissait-elle comme ce capitaine, ennuyé des tempétueux ouragans. Il les traversait, soupirant, en s’allumant une triste bouffée de tabac froid […] Rangeant sa pipe dans les éraflures de son manteau, un baleinier devinait quelques traits dans ce nuage cuivré. Un sourd capitaine derrière ses voiles… Un terrible murmure rappelant pourquoi sa chance s’enfuya dans ces grisailles pressages.


Les nuages laissaient une tempête se profiler… Sur les docks, un baleinier arrima ses regards, arma ses patiences, sur une petite curiosité bataillant contre les orages. Rouspétait-il l’agitation des autres pêcheurs, qui se moquaient aussi bien des lourds mirages s’écroulant sur les chantiers navals […] Ils n’apportaient que des oiseaux de malchance, dont les plumages ne reflétaient aucuns souvenirs agréables !

Combien s’envolèrent, de ses paradis, combien lui revinrent ?

Venait-elle seulement d’amarrer, à quelques bourrasques de sa malheureuse barque, sous les pétales des écailles. Quelques plumes enrobèrent son tricorne… Quelques brises assommaient ses yeux d’algues… Ils affrontaient une petite cabèche ne dépassant ses larges épaules […] Elle ressemblait aux grandes sirènes, aux mirages apportés des grues ! Elles encombraient encore jusqu’aux voiles de sa chaloupe…

S’abandonnant aux famines, s’abritèrent-ils aux ombres de son bateau… Sans doute restait-il quelques sèches, quelques biscuits secs ! Surement, une dernière bouteille pour écarter la misère.

Elle ne parlait que de ses voyages… de cet oiseau de paradis… des ancolies englouties en brume… en oubliant son edelweiss… Se souvenait-il des siens, où suivant les vents, la chance le saluait dans ses grandes paresses. Se souvenait-il, où suivant les vents, son embarcation chantonnait chargée de gargantuesques festins. De quoi détruire les famines pour d’éternelles années […] De quoi faire jalouser Néryme jusqu’à la fin des voyages !

Triste nuitée, lorsqu’il revint les poches vides. Les baleines, abandonnèrent-elles leurs rivages… ne laissant qu’une silhouette derrière les voiles des maudits sillages ! Une tempête… Une tempête aux murmures… Une tempête me murmurant encore les secrets dessinant les nuages d’horribles augures.

Derrière les moindres grisailles… il l’apercevait encore… ce capitaine ennuyé des grandes odyssées ! Semblait-il toujours devancer les brouillards…


Admirant la brume, une chaloupe embrasser grandes aventures, une jeune pirate l’imaginait parcourir le moindre mile, sans se soucier des mouettes moqueuses d’une pleurante sirène… Une tendre voix que le baleinier n’entendit qu’une fois, lorsqu’une bouteille emprunta le large, dans les courses d’une petite âme lui dérobant ses rames […] Était-elle seulement un autre oiseau d’embrun ?

Elle en portait l’allure sous les bâillantes lunes… Elle en portait l’allure, selon une bouteille révélée d’une petite désolée, peinant à retrouver ses mots […] Une libre plume goéland imaginait entre ses boucles, les errances d’une rousse cabèche ayant traversé les déserts brumeux des boréales colonnes.

Les traversa-t-il aussi, perdu dans naguère, lorsqu’il poursuivait une baleine en phantasme des houles. Se souvenait-il des couchers de soleils éloignant tout courage de poursuivre quelconque chemin.

Finissant par rebrousser le sien, il se demandait où s’arrêteront les chances d’une gamine aux yeux de pommes… Elle s’apprêtait à reprendre le large… Elle s’apprêtait à abandonner ces terribles auspices qu’habillaient les nuages […] Ils recouvraient toujours les lointains ! Toujours ces ères où ses lèvres embrassèrent une sirène.

Terminant ses biscuits, laissant les grues se perdre aux rivages, comme les vents prendre la barre, espérait-il de nouveau poursuivre les baleines, où qu’elles pourront s’envoler […] Bouteille en main, amoindri des mirages, il s’endormit aux flammes d’un dernier verre… Affrontant son tricorne, se rappelait-il ses malheureux retours, esquivant ces vagues trouvailles balancées aux grandes bleutées.

Quelques lignes… quelques lignes inertes où s’abandonnaient de dernières daurades… Las… Comparées aux baleines ! Comparées aux orques ! Elles ne ramenaient de quoi détruire la famine pour des éternelles années. Elles ne ramenaient simplement de quoi manger en patientant d’explorer un brin plus loin… dès que les nuages s’en iront par-delà…


Toutes voiles dehors, abandonnées aux ombres des oiseaux, une plume dériva des houles, en écoulant quelques nombreux sabliers… Longues journées aux longues nuitées où se confiaient aux marées, d’éloigner une petite forbanne s’entrelaçant parmi les lignes rouillées du vieux port abandonné […]

Sillonnait-elle par-delà tous rivages ! Vagabondait-elle emprisonnée sous les déferlements des hautes-mers, dévorant le moindre rayon de soleil. Estompait-il ces sept mers éloignées, perdurant pourtant à quelques miles d’horizon…

Mers lointaines aux abords de ruisseaux… Mirageant ces grands lacs… ces continents de chimères… Elle se demandait seulement, où ces océans s’aventurèrent. Les arpentait-elle innocemment ? Songeant aux grandes épopées, combien en traversa-t-elle qui en furent simplement ?

Sans vraiment savoir où dériver, elle continua ses pèlerinages, méditant embrasser les grandes sirènes cachées derrière ses paupières de petite capitaine […] Les vagues se montraient aussi calme que lors de son départ ! Les berges se devinaient encore infranchissables… Commençait-elle à les entendre, ces tendres alizées, chuchotant aux portes des ailleurs, qu’elle ne quitterait ces étangs immenses aux eaux salées.

Au cœur des flots, songeant-creux une fois, elle cauchemarda ses rames, attendant de naufrager par-delà cette lagune pour oublier ses tristes défaillances. Elle observait ces grandes constellations… lui soufflant de sillonner quelques nautiques au-delà […] Savaient-elles seulement les rencontres encourues… Ces hautes étoiles reconnurent seulement cette petite edelweiss fleurissante, chavirant derrière les plumes de Néryme.


Mains arrimées au gouvernail, dérivant en silence, les yeux trompés suite aux rivages, une petite pirate s’accostait d’une destination absente. Étouffant ses malheurs derrière les visages d’une vaillante galileo, elle s’empoignait à faire gronder ses voiles […] Chavirant aux battements des constellations, solidement amarrée aux scintillants lointains, ses prochaines escales ne paraissaient davantage claires sous les regards de la brume !

Accompagnait-elle les chœurs des grands calmes… écumant de miles inertes, laissant-aller ses voiles s’épuiser à assaillir les murmurantes alizées, la forbanne se naufrageait aux oiseaux effeuillant les écueils... Quelques mouettes. Des grues dispersées entre les nuages. Certains goélands riaient… Certains goélands s’évadaient en longeant les abords des algues roseaux.

Un présage revint alors… Un oiseau de paradis aux pupilles embrumées d’orages. Voguait-il vers ces horizons ! Voguait-il amenant les rames aux violentes écumes… Elle s’aveuglait sous les brouillards. Elle s’aveuglait, l’espoir surveillant ses amarres ! Derrière ces étoffes soudaines, derrière ces voiles lointaines, elle devinait ce capitaine repartir aux grands larges, escortant ces ouragans, qu’il poursuivait, amené en millier de tempêtes aux nuées cuivrées.

Il pleuvinait sous les temps de l’aube… devenait grisailles aux alentours ! Tombait-il le grand-monde… s’éteignaient les goélands disparaissant aux éclats des profondeurs ! Les vagues… Elles sifflaient contre l’armure, soulevaient les présages tapissant la bouteille aux reflets… Mirageant les jeunes orages, ses rames suffoquaient au-passage des algues, la vaillante soupirait de ses nulles aventures écoulées, échouées aux vieux lacs harassés.

Caressant la surface de ses mains glacées, elle se demandait où passèrent ces vastes océans… ces vagues océans sillonnés innocemment. Ils la ramenaient après chaque sillage, après chaque pillage, où les horizons la dérivaient au fil des houles... Bouteille à la main… Longue-vue portée sur les rivages, elle revenait où les horizons l’emmenèrent, l’effacèrent des visages des premières berges. Revoyait-elle les grues animant les anciens chantiers navals […] Caressant la surface de ses mains glacées, soupirait-elle à se demander où moururent ses premiers larges.

Au lointain, observant vaguement, un oiseau aux plumes d’embruns patientait que les nuages ne se discernent guère. Il patientait… sagement… s’envolant par-delà les sombres mirages.


Aux sombres mirages… Les augures se pensaient aux plaies des rivages… Se ternissaient les cieux aux frontières de leurs toises, aux envols d’une petite pirate cramponnée cœur à la barre ! Distancée aux embruns, submergée des torrents, la bouille bravant les aiguisés zéphyrs, cacophonies en cacophonies renversaient les harmonies des braves manœuvres qui maintinrent de peine les voiles […] L’oiseau survolait au-travers chaque discorde.

Accaparé des courants, sillonnait-il encore ! Un brin au-dessus des nuages… un brin au-dessus des nuages… des nœuds au-dessus des nuages… arrachant les brunes aurores de ses vives allures. Mille tonnerres ravivés de leurs colères ! Elles grandissaient… Elles grandissaient ces assassines vagues aux griffes grinçantes contre l’armure.

Engloutie sous les assauts, assourdie des hurlantes, elle maintenait ses horizons, les mains abîmées de leurs rames rongées… Les yeux grands ouverts, dans les chœurs des tempêtes, percevait-elle le chant des embruns, entendait-elle ces partitions lointaines l’emporter vers des constellations soudaines où siégeaient ces hautes nuées cuivrées. Immiscée de justesse entre les crocs des marées, elle le devinait au-travers les houles de ce macabre détroit […] Brillaient-elles toujours à des mirages par-delà les lourds présages.

Manœuvres par manœuvres, esquivant les déluges, au sacrifice de ses voiles, la jeune forbanne adoucissait les grandes vagues embrasées aux froides écumes. Valsant de mesures en mesures des déferlantes, chavirant aux abords des écueils, elle le discernait encore traverser ces ouragans de ses fumées envenimées… Derrière ses pommes pupilles, après tous hurlements, expirant les mœurs de ses murmures, il admirait l’embrun disparaitre de leurs plumes goélands.

Quelques goélands effacés des berges… quelques mouettes moqueuses de son embarcation échouée.

Les paupières alourdies… portées aux ombres… elle le songeait encore voguer par-dessus les présages […] Il planait… calmait ces scélérates vagues. Elles s’envolaient ! Elles arrachaient des récifs chacune des planches de son navire... Bataillait-elle pour n’en garder que la dernière, tandis que ses rames sombraient, sous un oiseau tendres souvenirs.


Harassée contre les eaux, furieuse des orages dévorant son gouvernail, au silence des larmes, la jeune pirate remprunta ces océans, au passage hurlant des premières écumes. Muette… Cœur abandonné aux vagues… Mains en guise de rames… Sillonna-t-elle mécaniquement ses chemins, esquivant les plumes aurore des paradis de grands embruns [...] Accompagnèrent-elles ces nuées, sans sacrifier moindres présages des rivages.

Déchiffrant quelques nœuds au-delà… elle s’engouffra derrière les pâles reflets des montagneuses vagues…

Paupières asséchées, écoutant que les chœurs des oiseaux, ses pupilles s’égarèrent vers ces mille destinations… Les yeux trempés, aveuglés aux passages des vagues, elle en heurta nouvelles, qui la ramenèrent d’anciennes. Sculptant ses joues des échouées, ses raisons se laissèrent aux noyades, tandis que sa fatigue la ramena tant essoufflée.

Le cœur injuriant les vagues… la poitrine hurlante… plongeant la tristesse comme idées claires… ses pleurs l’asphyxiaient de moindres souffles […] Charmée d’une chimère lointaine, de quelques constellations, elle les apercevait, par-delà ses poumons engloutis : ces grues soudaines aux mirages cuivrés […] Battant lentement… seconde par seconde… ces oiseaux souvenirs chantaient encore depuis la dernière planche.

Ramenée des griffes cannelle, tremblante des froides écumes, surveillée d’une plume bouclée, dériva-t-elle, voguait-elle vers les confins des ailleurs […] Les paupières closes, elle s’imaginait sillonner ces calmes océans, dont les tempêtes ne furent que nuages passants. Ils y lanternaient lentement… seconde par seconde… les suivant seulement des desseins des houles… avant qu’ils ne se défaillent d’une assassine vague.

Tonnait-il encore des nœuds au-delà… Tonnait-il encore derrière le vieux goéland… Les nues traversaient sa taille, lorsque les horizons se calmèrent d’un prompt sifflement… Abandonnée aux brisants, la veste arrachée aux sanglots des vents, elle se songeait entre deux déferlantes, aux portes des baies, naufragée entre quelques daurades […] Surveillée d’une silhouette hissant tranquillement ses vieilles voiles.

Susurrant mirages, domptant l’embrun d’une feuille de tabac, d’une lanterne aux pâleurs cuivrées, il débarrassa ses amarres, taisant ses routines d’autres messages aux plumes goélands… Patientant les alizées, se préparant aux premières bourrasques, il murmura aux bels oiseaux d’envoler leurs escales… seconde par seconde… suivant quelques battements délaissés aux scélérates vagues.


Traversant les dernières grisailles d’orage, longue-vue rivée sur les miles arpentés, patientait-il à rejoindre les brumes de ses sillages. Cœur aux aguets, surveillant une jeune pirate endormie, une constellation aux soudaines étoiles, il se questionnait où les ramener, sous les crayonnées de brusques continents […] Les océans remontaient d’un brin… s’éloignaient d’un rien de quelques brunes lagunes !

Les premières lanternes se dessinaient… revinrent ces moindres explorateurs chassant de peine les brouillards… Devinant quelques brasses au-delà, ne quittant les eaux de ces mélodies, d’un parchemin délaissé aux oiseaux, se laissait-il aux grues, aux rares mouettes, pour s’amener aux lointaines berges… Temps que sa vieille terre ne disparaisse des écailles du proche horizon.

Surement des daurades… Surement ces baleines caressant les houles…

Elle se devinait un brin plus loin… encore un brin plus loin, cette silhouette crépusculaire… Une juvénile silhouette attendant des oiseaux : une enfante oisillonne haute comme quelques pommes. Elle attendait… lassée des autres sabliers ! Elle observait les pavillons… Elle scrutait autant les voiles… espérait reconnaitre celles raccommodées d’une veste émeraude.

L’aube venait-elle de se lever…

Embrassant les rivages, confia-t-elle sa petite edelweiss aux pupilles tempétueuses d’un oiseau souvenir. Disparaissant ainsi des écumes, abandonnant les plages d’une dernière vague, elle franchit les premières berges… dépassa les premiers larges… espérant retrouver une petite pirate sous le calme des océans.

Leïla


Une étoile de mer…

Une toute petite étoile de mer….

C’est l’étoile de Néryme !

Leïla ne cessait de l’affirmer dès que les explorateurs, les marins, ou les scaphandriers mettaient en doute son dessin. Un dessin, qu’elle avait colorié sans dépasser une seule fois !


Elle détestait les scaphandriers.

Leur casque lui faisait peur… Sans parler de cette affreuse lumière qui donnaient à ces hommes l’apparence d’horrible poissons-lanterne ! Des créatures infâmes, aux mâchoires immenses, dont les témoignages racontaient qu’elles pouvaient dévorer d’une bouchée les derniers bateaux sortant des chantiers navals.

Leïla se souvenait de cette nuit-là. Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit ! Tournant en rond dans sa chambre, elle avait scruté chaque recoin pour être certaine de n’en rencontrer aucun… mais en nuit d’orage, ces abominations avaient envahi les cieux.

Elle détestait vraiment les scaphandriers !


Un seul avait pris son dessin au sérieux.

Un seul !

La terre tremblait dès qu’il marchait, les gens s’étouffaient dès qu’il respirait. Il suffisait de le regarder pour deviner chaque détail de ses aventures en eaux profondes… jusqu’au moment, où il retira son scaphandre.

Un œil sans paupières, un visage ayant tant connu les profondeurs que des coraux lui servaient de mâchoire […] Un monstre respirant tantôt par des branchies, tantôt comme les autres hommes qui le dévisageaient…. Un monstre qui s’approcha du comptoir, en menaçant de s’asphyxier dès son premier mot !

Pourrais-je vous emprunter des bandages…


Personne ne lui aurait donné cette voix… Une voix capable de calmer les plus virulentes tempêtes.

Aussi terrifiée que curieuse, Leïla sautilla pour s’asseoir à ses côtés, prête à lui montrer son dessin. Voyant ses grands yeux, le scaphandrier s’en empara, le regarda… fouilla lentement dans sa mémoire.

Une petite étoile de mer… Une, deux, trois, quatre, cinq, six branches… Une septième plus grande pour le sommet

C’est…
C’est l’étoile de Néryme

Non…
Non…
Une abomination qui m’arracha la jambe !


Personne ne le remettait en doute…

Il s’en souvenait de ce voyage… Des premières cartes subaquatiques… De son excitation, lorsqu’il avait cru reconnaître les côtes d’une île submergée, bordée par des immenses bateaux dévorées par la vie sous-marine.

Posant le pied à terre, il s’était emparé du premier sabre rouillé se trouvant à sa portée. Le regard victorieux, s’aventurant en terre inconnue, il se refusait à comprendre les merveilles qui se montraient à lui, décidant aussitôt de mettre un terme à ses aberrations !

Il s’en était assuré ! Des baleines clair-lunaires… des poissons aux écailles solaires… il n’en resterait moins que des souvenirs […] Jusqu’au moment où il arriva au cœur de l’île.

Le scaphandrier trainait tellement de carcasses, que son poids avait doublé, puis triplé, pour finalement quadrupler… Sans aucun remord... sans aucun regret dans le ton de sa voix.

Je remarqua cette étoile que trop tard


Profitant d’un moment de silence, il s’empara des bandages, révélant ainsi sa jambe droite... tenant autant par miracle que cauchemar.

Quelle...
Quelle chose vous...

La dernière baleine qui croisa sa route... Un banc de daurades dont le goût ne lui revenait guère... Surtout un immense poisson-lanterne semblant lui traverser la jambe !

Une mâchoire aux dents de requins, des nageoires s’agitant encore qui paraissaient scier au-travers sa chair, comme deux grands yeux absents aussi terrifiés que Leïla [...] Le cœur battant, les mains tremblantes, voulant s’enfuir, restant là, assise sur sa chaise, suspendue dans cet instant qu’elle ne revoyait que dans ces nuits où ces poissons envahissaient les cieux !

Leïla !
Leïla ne t’en fais pas...
Ce vilain monsieur va gentiment s’en aller

Pas encore...
Pas encore...


Soupirant, roulant des yeux, portant la jeune fille, le responsable des lieux maudissait l’étranger entre ses rouflaquettes. Montant ronchons les escaliers, consolant au mieux la jeune petite, il anima la première peluche qu’il remarqua : une petite étoile de mer aux grands yeux couleur miel !

Comme elle avait les mêmes yeux, elle l’aimait naturellement.

Tout ira bien...
Ne t’en fais pas...
Ralph va s’occuper des méchants poissons-lanternes !

Marmonnant un « merci », serrant la peluche contre elle, essuyant ses larmes en tendant l’oreille, Leïla semblait encore entendre ce monstre raconter ses affreuses histoires... Ralph déposa la petite dans sa chambre, lui donna quelques pastels, avant de se perdre dans ce pesant silence !

Ce n’est pas vrai...
Ce n’est pas vrai ce qu’il raconte ?


Souriant machinalement, ne sachant quoi répondre, surtout ne voulant répondre, il laissa s’évader un soupir, en priant pour que Leïla ne le comprenne...

Lui ébouriffant les cheveux, l’observant quelques instants dessiner sur le plancher, il s’en alla en retroussant ses manches, en claquant ses bottes dans les escaliers, espérant intimider. Le scaphandrier était toujours présent, assis à la même place, resserrant puis rajoutant des bandages, attendant patiemment qu’on lui adresse de nouveau la parole...

Vous êtes content de vous !?
Pour une fois qu’on s’intéresse à son dessin, vous la terrifiez !

Que voulez-vous...
Je n’apprécie guère les poissons-lanternes

C’est tout que vous avez à dire ?!

A vrai dire...
Je compte bien terminer cette histoire


La nuit commençait à se montrer longue.

Les clients dormaient, Ralph ronflait à point fermé, sûrement aussi le scaphandrier [...] Il séjournait dans la chambre d’en face. Une chambre servant en fonction des humeurs, d’entrepôt, de débarras, parfois de bureau, mais rarement de chambre.

Elle était tant utilisée que les gens s’endormaient de travers sur un canapé, lorsqu’ils étaient rattrapés par la fatigue.


Bercée pourtant par un beau silence, Leïla n’arrivait à trouver le sommeil. Elle tournait en rond dans sa chambre, regardant dans chaque recoin, chassant les poissons-lanternes qui pourraient s’y cacher.

Rien sous la poussière du lit... Rien sauf les robes dans son armoire... Rien derrière les rideaux... Pas de place pour se cacher sous le tapis, encore moins sur le petit balcon donnant sur la grande rue [...] Leïla était la seule éveillée !

Elle... comme sa petite peluche étoile de mer aux yeux couleurs miels !

Il doit encore avoir un qui se cache

Refermant la fenêtre, serrant sa peluche, avançant jusqu’à la porte, Leïla se décida à l’ouvrir, en imitant les mauvaises manières de Ralph... Fronçant les sourcils, retroussant ses manches, faisant semblant de ronchonner avant de descendre les marches, elle entraperçut la porte de la chambre d’en face s’entrouvrir légèrement, révélant l’œil sans paupières du scaphandrier.


Un seul avait pris son dessin au sérieux.

Un seul !

La terre tremblait dès qu’il marchait, les gens s’étouffaient dès qu’il respirait. Il suffisait de le regarder pour deviner chaque détail de ses aventures en eaux profondes… jusqu’au moment, où il retira son scaphandre.

Un œil sans paupières, un visage ayant tant connu les profondeurs que des coraux lui servaient de mâchoire […] Un monstre respirant tantôt par des branchies, tantôt comme les autres hommes qui le dévisageaient…. Un monstre qui s’approcha du comptoir, en menaçant de s’asphyxier dès son premier mot !

Pourrais-je vous emprunter des bandages…


Est-ce qu’il dormait... dormait-il seulement ?

Ne voulant attirer son attention, se faisant discrète, continuant à pas feutrées, elle ne quittait l’œil étrange du scaphandrier... Arrivée aux escaliers, rassurée de ne l’avoir vu bouger, Leïla se permit davantage de bruit, jusqu’à la treizième marche des escaliers.

Une porte grinça... Quelques bruits de pas... Une jambe semblant plus lourde que l’autre !

Apercevant son ombre, entendant sa respiration mourante, Leïla sauta par-dessus les dernières marches, se précipitant sous le comptoir, dans sa cachette, entre les deux caisses faisant les provisions de la semaine... Retenir sa respiration... Ne faire aucun bruit... Entendre seulement grincer les escaliers au rythme de la pendule...

Je sais que tu ne dors pas
Dormir m’est impossible sans paupières


Le scaphandrier se tenait là, s’asseyant derrière le comptoir, attendant patiemment, laissant les minutes toussaient, les heures s’intoxiquaient, poursuivre sans le vouloir son horrible histoire.

Il ne restait moins que des souvenirs de l’île sous-marine, comme il l’avait promis... Les baleines clair-lunaires, des poissons aux écailles solaires, existaient-ils seulement ?

Disparus depuis des mois, remplacée par des algues, une jeune colonie de méduses aux longues robes dorées [...] Elles paraissaient danser... sans raison... encore... toujours... sans que le scaphandrier ne comprenne quoique ce soit.

Cela l’énervait profondément !

... maudite étoile de mer ...

Des crépuscules aussi magnifiques que le pouvaient les aubes... Des minuits tant coloriés de ses poissons, que les midis de la surface devenaient ternes... Ces abysses, jusqu’aux fosses océaniques, constamment plongées dans les abîmes, éclairées pourtant par quelques infâmes créatures phosphorescentes l’aveuglant de la plus calme des lumières !

C’était cela qui l’énervait terriblement !

Rien n’aura jamais intérêt dans les profondeurs...
Elles sont comme resteront vides
Quitte a personnellement m’en assurer !


Fermant les yeux, sachant que rien ne pourrait lui donner tord, le scaphandrier laissa parler sa colère... brandir les armes... faire revenir le silence [...] Le poids des carcasses qu’il traînait derrière lui avait de nouveau doublé, triplé... pour finalement quadrupler sous l’effondrement de la dernière méduse.

Une méduse qui l’avait affaiblit pour la première fois !

Petite...
Tu as déjà été brûlée par une méduse ?

Serrant les dents, contenant ses hurlements, cette créature avait profité d’une entaille dans son scaphandre ! Une entaille faite par des maudits coraux qu’il avait détruit trop tard.

Même les pires créatures des profondeurs n’auraient osé l’apercevoir ce jour-là [...] Le scaphandrier avait arraché chaque bras de la méduse, un par un.... lentement... toujours plus lentement au fur et à mesure que sa colère disparaissait... que les brûlures parcouraient son corps... que la dernière des méduses se confondait avec le sable rouge attirant les grands requins blancs.

Elle m’échappa encore une fois...


La pendule s’entendait de nouveau... comme le silence de deux heures du matin...

Étouffant sa peluche, refusant d’ouvrir les yeux, bataillant à reprendre son souffle, Leïla se perdait de cauchemars en cauchemars [...] Elle ne voulait... Il ne fallait que le scaphandrier s’aperçoive qu’elle protégeait une autre étoile de Néryme... une autre étoile à sept branches !

Je savais que tu te cachais-là...

Leïla...
Ma grande, tout va bien maintenant

Il...
Il va s’en prendre à ma peluche

Vous ne dormez pas vous ?

Trouver le sommeil sans paupières ?

La cours intérieur est toujours ouverte
Si monsieur désire prendre l’air

Il m’en sera inutile


Ralph venait de remonter les escaliers, consolant au mieux la jeune fille, dont les yeux s’alourdissaient... Ils semblaient supplier pour dormir dans sa chambre, là où ce vilain monstre des profondeurs ne pourrait venir l’embêter avec ses maudites histoires [...] Commençant à s’endormir, sous un soupir ronchonneux, les cauchemars de Leïla se voyaient disparaître dans les bras d’une étoile de mer.

Une.... deux.... trois... quatre... cinq... six branches... Une septième légèrement plus grande que les autres !

Dans les bras d’une jeune fille...
Tu vas bientôt rejoindre les autres!


Aux aubes de son départ, assemblant les dernières pièces, le soleil s’intimidait à insister au premier envol de son dernier biplan aux ailes de noyer... Démarrant le moteur... le cœur animé de colère... chaque nuages dessinait ce même visage aux cheveux châtaignes... ce même visage pour lequel il décrochera jusqu’à la Première des Etoiles !

Hors de mon chemin...

Blériot !
Ne fais pas...

Hors de mon chemin !

Mon ami
S’il-te-plaît....

Auguste se tétanisa lorsque l’appareil accéléra, hurla en fonçant droit sur lui sans désirer l’esquiver [...] Fermant les yeux, se protégeant d’un geste désespéré, Clément le plaqua soudainement au sol, en observant au loin les nuages se déchiraient — comme les vieux sépias — sous les rugissements du moteur de la De Dion-Bouton.

Arrachant les premières étoiles sous la venue de l’aube... regrettant sûrement son départ... était-ce trop tard pour être raisonnable.

Assemblant les dernières vis du moteur de la Panhard & Levassor, me mettant au poste de pilotage, près de mes brouillons dessinés sur les toiles, attendant patiemment la levée des drapeaux... impossible de tenir en place... je m’encourageais... m’impatientais en me répétant : « si tu arrives à décoller, tu auras fait le plus dur »

Grand jour...
Prête à rejoindre officiellement le panthéon ?

Ne t’inquiète pas
Je resterais près du troisième lac

Merci Auguste !
Prête quand tu l’es Clément !

Respirant une dernière fois, ajustant la paire de lunettes que m’offrirent Clément et Auguste, ce dernier ouvrit en grand les portes du hangar, donnant le premier signal.... suivi des drapeaux qui réveillèrent les hélices [...] Mon ADL 21-13.11 tremblait, avançait sous le craquement des dernières cordes qui nous retenaient encore.

Auguste ferma les yeux... Clément retenait son souffle... L’accélération me plaquait contre le poste de pilotage [...] Je planais quelques mètres... m’envolais vers le troisième lac... pour entendre Auguste hurlait en courant !

Redresse....
Par Néryme !
Redresse !!!!!!

Reprenant mes esprits soudainement, redressant rapidement mon appareil en frôlant le vieux béret d’Auguste... la seconde d’après je pourfendais les nuages, sous les regards amusés comme essoufflés de mes vieux camarades.

Je...
Je l’ai...
Nous l’avons fait !!!!

Caressant les cieux, alors que le crépuscule se levait, que les villages voisins allumaient leurs veilleuses, j’entendais leur murmure — prier ou bénir — le retour de Blériot en devinant tomber les souvenirs qu’il emporta autrefois [...] Quelques oiseaux de paradis fuyaient... m’accompagnaient tandis que je m’approchais du village aux hauts clochers.

Je reconnaissais certains visages... pensais reconnaître celui d’une vieille femme assise — cinq minutes sur un banc — qui s’amusaient à reconnaître un nouveau zouave poursuivre les étoiles.

Poursuivant mon envol... les premières étoiles se présentèrent... Elles se souvenaient... esquissaient une autre machine volante que les nuages éveillèrent en allumant le moteur d’une vieille De Dion-Bouton.

Il planait... volait loin derrière moi...

Le biplan aux ailes de...

Un biplan....

Un appareil presque entièrement défiguré sur douze mètres d’envergure... Un appareil aux ailes de noyer que les nuages brûlaient davantage en ajoutant — en laissant entrevoir de cette étrangeté céleste, que les premiers aérostats, aéronefs, ailerons planants, cycloptères... les premiers planeurs qui prenaient la poussière dans son vieil atelier !

Je n’aurais dû m’approcher de cette étrangeté céleste... de cette invention perdue... marmonnant encore et encore qu’elle atteindrait bientôt la Première des Étoiles.

Le ELI 47-16.09...
La date de sa...

Je t’en conjure, s’il-te-plaît Néryme, que tes mémoires me le disent, pourquoi porterait-il ce nom-là...

Une réponse... Juste une réponse [...] Tous les ouvrages qui narrait l’histoire de Blériot supposaient — quand ils n’affirmaient — que le père de l’aviation abandonna — rejoignit ses rêves — lorsqu’il atterrit d’urgence... abattu par le chagrin et la colère dans les montagnes du Grand Est.

Le ELI 47-16.09 ?
Ce n’est pas un modèle existant

Clément a raison...
Cela supposerait qu’il a commencé à travailler dessus lors de sa mort

Je sais...
J’essaye de comprendre...
Qu’est-ce qui est arrivé après ce vol ?

Auguste supposait... Clément admettait ne rien savoir... Ils espéraient qu’il avait redécollé pour revenir dans son atelier... pour revenir dans sa seule maison.

Ils avaient rassemblé leurs économies pour pouvoir acheter le terrain... avant que Blériot ne commence à abattre les premiers arbres — à élever les premiers murs — dans la même journée [...] Que la seule personne en mesure de répondre avait emménagé dans le village aux hauts clochers.

J’ai survolé ce village !
On peut atterrir dans les champs...
je suppose

Je ne suis pas convaincu

On racontera qu’on labourait les champs !
Clément ?

Clément ?
Monsieur Jules...

Les champs ne m’inquiétait pas...
Soit !

Démarrant les moteurs... Respirant quelques instants... On décolla dans l’impatience d’Auguste qui s’empara des commandes.

Les deux s’émerveillaient de voir le hangar disparaître à l’horizon... de voir les cinq lacs s’estomper avec l’altitude... de voir les premiers clochers résonner avec l’agitation de treize heures... de voir les paysans commençaient à retourner les champs, levaient la tête en semblant reconnaître le vieux biplan de Blériot.... avant d’abandonner leurs outils en nous voyant atterrir !


Nous approchant timidement d’eux... laissant Clément faire la conversation... il s’excusa rapidement de la gêne occasionnée... avant de d’aller directement sur le sujet

Navrés Messieurs
Mes camarades... moi-même...
Recherchons Madame Elise Dolbelle...
Si vous pouvez nous renseigner ?

Mademoiselle...
Êtes-vous la...

La plupart avaient ignoré notre pauvre Monsieur Jules... préférant encore me poser cette même question « Mademoiselle, êtes-vous la petite-fille de Blériot ». Essayant de disparaître derrière le sourire d’Auguste, il confirma à moitié les théories des paysans qui continuèrent encore de poser les mêmes questions [...] Des questions qui en amenèrent d’autres... en amenèrent d’autres... en amenèrent d’autres....

C’est vraiment la petite-fille de Blériot ?

Pardonnez-nous mademoiselle...
Pourriez-vous nous emmenez là-haut ?

Que Néryme le note !
Quelle surprise...

Louis !
Je ne pensais pas vous... vous...


Louis se tenait là... appuyé sur sa canne qu’il lui servait à piloter ses machines volantes... Bien qu’il semblait toujours occupé... que le monde semblait continuellement le déranger !

Un grand brûlé [...] Un accident au-milieu du mois des Alizés, quelques semaines après son départ, qui d’après les jours où il se montrait d’humeur à la conversation, aurait dû lui coûter la vie au lieu de laisser dans ce triste état.

Louis était un bon pilote... un excellent qui planait sur quelques mètres... volait parfois au-dessus de la mer pour atterrir toujours au niveau des plaines... tandis qu’Auguste nageait encore pour quitter le troisième lac !

Je suis sûr que je pouvais la rejoindre

Un ami a essayé...
Ne vous y risquez pas !

Les appareils de Louis étaient alimentés par une épave d’un moteur de De Dion-Bouton... Un souvenir de son malheur — un moyen de reprendre la main — bien que nuls journaux ne savaient — ne disaient — quoique ce soit sur l’accident [...] Blériot ayant principalement occupé les différentes unes.

Je lui avais posé la question... Tout le monde lui avait posé la question... Louis préférait éviter le sujet — répondait que c’était qu’une mauvaise habitude à perdre [...] Même Auguste avait fini par abandonner !


Est-ce vraiment votre invention ?
Vous devriez abandonner jeune fille...

C’est-à-dire que....

Blériot serait honoré de l’avoir en héritière

En effet !

Je vous crois volontiers...
C’était juste un conseil...
Une mauvaise habitude parfois fait que !

Oublions cela voulez-vous ?
Cette jeune dame est donc l’inventrice...
Cela fait plaisir de voir des visages familiers
Pourriez-vous me faire les présentations ?

En entendant cette voix — Louis s’effaça sous ces joues devenant rouge — Clément réarrangea sa redingote, embrassa Madame Dolbelle... pour qu’enlevant son béret, Auguste ne la prenne entre ses bras... me poussant gentiment vers elle.

Enchanté Madame...

Appelle-moi Élise !
Tu me fais penser à un peu Blériot...
Je t’en remercie d’ailleurs, mademoiselle...

Adel
Elle est prodigieuse !

C’est gentil Auguste mais...
Je préfère Adelaïde


Élise nous invita à séjourner chez elle — ce aussi longtemps que l’on souhaitait rester !

Auguste et Clément se partageaient le salon, comme la vieille Élise avait trouvé bon de me donner la chambre d’ami [...] Une chambre aussi encombrée que pouvait l’être parfois l’atelier de Blériot... remplie de quelques sépias, de lettres datant de soixante-quatorze ans — certaines semblaient un peu plus récentes.

Il n’y avait qu’une seule photo qui était parfaitement entretenue, encadrée au milieu de quelques bricoles, servant d’auditoire pour une radio marmonnant dans le vide.

C’est Blériot avec vous sur cette photo ?

Pas au meilleur de sa forme
Il avait dû atterrir d’urgence sur les collines
Auguste était malade ce jour-là

Il a toujours eu cette canne ?

Il ne la portait pas souvent..
Bien qu’on le photographiait toujours avec !
Il me semble qu’Auguste a dû les accrocher
Tu ne les as pas vues dans son atelier ?

Blériot est parti avec les photos...

Regardant la photo avec peine, elle m’ébouriffa les cheveux, me la donnant de bon cœur, en m‘affirmant que sa place devrait être dans son atelier — comme la plupart de ces lettres... en m’affirmant qu’ils se montreraient enchantés de retrouver l’écriture d’un ami disparu.

Avant qu’elle ne descende rejoindre mes deux compères, je rigolais en disant que les agriculteurs seraient également enchantés de voir mon aéronef s’endormir ailleurs qu’au-milieu des champs... Rigolant à son tour, elle m’indiqua la route d’une ancienne ferme abandonnée dont le toit s’était effondré au passage d’un essai de Blériot pour une sorte d’immense ballon volant.

Un dirigeable ?

Sûrement

Pilotant mon appareil, essayant de suivre les indications d’Élise, je me posa rapidement aux alentours de la ferme abandonnée, avant d’apercevoir — d’entendre — une triste lueur s’agiter dans l’obscurité en disant qu’elle rejoindrait bientôt la Première des Étoiles.

Une ombre qui ne semblait bien grande, se déplaçait en résonnant une canne... qui se prenait les pieds dans ces bricoles envahissant jusqu’aux portes des vieilles étables [...] Des chutes de bois... des ébauches aussi trempées que griffonnées.

Des aérostats, des aéronefs, des ailerons planants, des cycloptères, des oiseaux mécaniques — autant de tentatives, autant d’abandons qui donnèrent un biplan aux ailes de noyers. La plupart de ces étrangetés célestes partagent une même signature hasardeuse suivie de ce même nom qui me suivait depuis quelques jours.

Encore ce modèle...

M’approchant davantage... sentant presque la lumière me brûlait, je devinais enveloppé dans des draps poussiéreux le vieux biplan dessiné par les nuages [...] L’armature semblait plus solide bien que ce n’était encore que des planches rafistolées entièrement brûlées — quand elles n’étaient rongées par ces termites remontant les roues ou le bureau improvisé du pauvre inventeur — de Louis.

Il me faudrait que j’atteigne d’autres altitudes...
Si seulement...

Excuse-moi...
Puis-je loger mon biplan ?

Comme il vous plaira
Pourriez-vous me passer ça...
La chose à côté de vous

Tu es certain que tout va bien ?


Il avait rejoint les sommets des premières montagnes... Sa colère s’était calmée depuis que son chemin s’était montré incertain, depuis que s’accumulait la fatigue qui lui murmurait de revenir auprès des lacs.

Sûrement était-ce de la fierté... sûrement était-ce autre chose... mais son cœur lui interdisait de redescendre.

Quand on part avec cette raison...
on a toujours peur de revenir

Planant à deux mille mètres d’altitude, il avait cru entendre Néryme... une étoile lui soufflait une solution !

Elle brillait tellement...

Ensuite...

Elle brillait tellement.

La fatigue lui avait fait perdre des morceaux d’ailes, lorsqu’elle ne le forçait pas à improviser une piste entre les arbres ou la toundra... parfois était-ce un archipel de roc au-milieu de l’Océan [...] Généralement c’était Auguste qui s’occupait de l’entretien du moteur... son absence... sa fatigue empira les choses après son dernier atterrissage aux alentours d’une ville portuaire.

On lui avait conseillé de... Il avait fait que... N’était-ce peut-être guère le moment !

Le moteur avait pris feu...
Une nuit où la fatigue était insurmontable...


Sans doute, la neige lui avait épargné davantage de blessures...

Louis me coupa tout élan... m’abandonnant avec mes questions... me redemandant une dernière fois de lui passer la chose qui était à côté de moi.... Chose que je refusai avant de retourner chez madame Élise, ne sachant vraiment si le laisser seul était la bonne solution [...] Longeant les champs, je fus rapidement rejointe par Clément et Auguste qui s’inquiétaient de ne me voir revenir.

Où a été retrouvé le Biplan ?
Je sais que c’est dans les montagnes de l’Est...
...mais on en est certain ?

Ce sont des ascensionnistes qui l’ont trouvé
Je suppose qu’ils en sont certains

Ils ont retrouvé quelque chose d’autre ?
Un moteur, un carnet...

Des morceaux carbonisés de mon moteur !
Si on en croyait les journaux...
Il aurait pris feu durant la nuit.

Entendant le bruit d’un moteur, encore animé par la colère, hésitant à sauter dans mon biplan, je n’eus le temps de réfléchir davantage lorsque dans le ciel brilla la Première des Étoiles... Elle murmurait — conseillait de [...] Remettant mes lunettes, me précipitant vers mon appareil en démarrant aussitôt, je hurla que je reviendrais dès que possible

Allez chercher Elise !
Maintenant !


Poursuivant le ELI 47-16.09... faisant de mon mieux dans les hautes altitudes mettant à mal le moteur de la Panhard & Levassor [...] Approchant rapidement... Caressant les premiers nuages... Je devenais pâle en dépassant les deux mille mètres d’altitude.

Louis.... Blériot...
Ne fais pas... Ne faites pas ça !

Navré...
Il vaut mieux pour tout le monde...

Elle brillait toujours davantage...

Nous embrassions les trois mille mètres sous les premières étincelles de nos moteurs vieillissant. Le mal des altitudes me dévorait, tandis que j’essayais de le poursuivre, que mon cœur s‘emballait, que prise de nausées, que la moindre inspiration me poignardait de l’intérieur, que ma tête vacillait en me répétant en boucle : Redresse... Par Néryme... Redresse... Par Néryme... Redresse....

Trois mille cinq cents mètres d’altitude... Les premières étincelles donnèrent premières flammes... me faisaient plonger vers les abysses... sans que Blériot ne redescende !


Luttant en vain... Fermant les yeux sous l’enfer des cieux... Les étoiles m’accueillaient, alors que j’entendais la voix de madame Élise questionner Néryme sur le pourquoi de cet accident [...] Alors que j’entendais les hélices du ELI 47-16.09 plongeait en me conjurant de prendre sa main.

Essayant de répondre... étouffée par la fumée... La Première des Étoiles me tirait toujours plus vers elle.

Jeune fille !

Blériot venait de lâcher les commandes de son vieil appareil, essayant de braver les flammes en me tirant vers son biplan brûlé qu’il avait stabilisé... Regardant le soleil, il abandonna ainsi la Première des Étoiles qui s’éteignit sous Minuit.

Me couvrant avec sa veste décousue, il reprit les manettes, laissant les nuages pansaient mes brûlures avant d’atteindre les champs [...] La voix de Clément se ruait vers moi... celle d’Auguste reconnaissait les sépias rafistolés tombant de la veste de Blériot... souriant en espérant que leur ami reviendrait bientôt dans son atelier.


Attendant treize heures — le douzième coup du clocher — le signal de Clément, l’impatience de Auguste comme celle des inventeurs, des ambitieux, des casses-coups qui étaient venus tester leur invention [ ... ] Je m’étais envolée avec le ELI 47-15.01, alors qu’un nouveau sépia s’ajoutait sur la porte du hangar, loin de la Première des Étoiles qui murmurait au-dessus des nuages.










Les Merveilles de l'Ancien Monde



Fond d'Ecran



Bande Dessinée



Musique



Images Animées



Chapitre I - Grand Océan


Chapitre II - La Bouteille


Chapitre III - Ancolie


Chapitre IV - Les Oiseaux - Premier Paragraphe